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Ceux qui innovent…

Voici quelques portraits et interviews d’Innovateurs dans le monde de l’éducation. Des audacieux, des passionnés…à lire.

 

FLORENCE POTREL

photo oct 2017

1- Qui êtes-vous Florence ?

Je m’appelle Florence POTREL. Je suis dirigeante de Floréso, une agence de formation en communication et  formatrice en Mind Mapping auprès des jeunes et des adultes. Je  fais aussi de l’accompagnement individuel auprès des adultes en reprise d’études ou en gestion de projet.

Depuis 2012, j’anime des ateliers Apprendre à Apprendre avec le Mind Mapping auprès des jeunes à partir du CP jusqu’aux études supérieures, dans les établissements scolaires, d’apprentissage et de formation par alternance. Je forme également  les équipes de direction et les enseignants dans les établissements scolaires (collège, lycée et lycée professionnel, MFR).

 2- Qu’est-ce que le mind mapping ?

Développé dans les années 70 par Tony Buzan, psychologue britannique, le schéma heuristique est un outil pour penser, une représentation visuelle de ce qui se passe dans le cerveau, un outil idéal d’accompagnement aux processus mentaux, une manière très créative pour présenter ses idées.

Cette démarche fait travailler conjointement nos deux hémisphères cérébraux,

Le mind mapping, appelé aussi carte mentale ou heuristique, est à la fois une méthode et un outil qui permet un apprentissage plus rapide d’une leçon et une mémorisation sur le long terme plus efficace.

La carte mentale permet de représenter sous une forme visuelle et synthétique toutes les formes d’apprentissages (leçon, poésie, dissertation, exposé…). Elle permet de mieux structurer des informations, des actions, des idées, de traiter celles-ci sous un aspect visuel et non plus uniquement linéaire.

La réalisation d’une carte mentale permet à l’élève de vérifier ce qu’il a retenu d’une leçon, mais également de mieux organiser sa pensée.

La carte fonctionne par associations d’idées, créant une arborescence dynamique qui vise à structurer sa pensée. En son centre est placé le sujet ou l’idée principale. Les thèmes sont reliés par des branches, regroupés par affinité, par genre avec des mots clés.  La carte est illustrée par des dessins, des couleurs, des symboles… qui renforcent le contenu d’un cours et traduisent l’émotion qui s’y rattache.

C’est l’élève qui réalise seul ou avec l’aide d’un adulte, la carte mentale de sa leçon. Elle est exécutée à la main ou éventuellement, à l’aide d’un logiciel.

 3- Quelle est la plus-value pour l’apprentissage pour les élèves ?

La carte mentale offre une structure plus proche de celle de notre cerveau et favorise les connections entre l’hémisphère gauche (la logique, l’analyse rationnelle et le détail) et l’hémisphère droit (l’imagination, la spatialisation, les images et les couleurs), ce qui augmente la compréhension globale du sujet.

Elle mobilise les facultés majeures du cerveau et donne la possibiliste de libérer et développer des capacités d’association, de visualisation, de compréhension, de synthèse et de mémorisation.

Outil de créativité hautement structuré, la carte mentale permet d’organiser intuitivement les informations et de les partager.

Elle s’adresse à trois types de mémoire: auditive (on peut “raconter” les cartes), visuelle (on peut “photographier” les cartes) et kinesthésique (on peut suivre les arborescences du doigt),

Elle favorise la reformulation avec l’utilisation de mots courts et d’images.

La motivation de l’élève s’en trouve renforcée car il comprend et mémorise tout en s’amusant et n’a pas l’impression de devoir fournir un effort surhumain pour obtenir des résultats.

4- pour quel type de public cette méthode de travail est-elle souhaitable ?

La pédagogique ludique et innovante permet l’apprentissage par le jeu et s’adapte à tous les enfants et adultes y compris ceux qui ont des troubles de l’apprentissage.

Certains jeunes sont souvent en difficulté face à un texte trop dense, la clarté d’une carte mentale, la possibilité de visualiser l’essentiel en un coup d’œil… sont de réels facilitateurs d’apprentissage.

5- Qu’est-ce que l’innovation pédagogique pour vous ?

C’est de permettre à chacun d’avoir une chance de réussir, en utilisant son intelligence émotionnelle

C’est d’offrir une méthode complémentaire à l’enseignement traditionnel afin de compenser les difficultés des schémas prédéfinis et ainsi réduire les inégalités dans une classe.

C’est venir en complément du linéaire afin d’articuler les savoirs entre eux et mobiliser toutes les ressources du cerveau pour optimiser le potentiel humain.

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EDDIE PLAYFAIR  

Eddie

Eddie Playfair, principal de Newham Sixth Form College (NewVIc), Londres.

Qui êtes-vous Eddie?

Je suis chef d’établissement d’un Sixth Form College polyvalent du Centre-Est de Londres, c’est-à-dire un lycée pour les étudiants de première et de terminale qui préparent l’université. Nous offrons des programmes généraux, professionnels et des classes de rattrapage. Ça fait 16 ans que je suis principal, dont 10 à NewVIc.  Avant tout je suis enseignant ; professeur de Sciences et passionné de l’éducation.

Quelle est l’innovation pédagogique qui vous a le plus marquée dans votre carrière?

J’enseigne depuis 1982, j’ai donc vécu une période de transformation extraordinaire des technologies pédagogiques. Au début: manuels scolaires, duplicateurs, réseaux professionnels locaux. Maintenant:accès illimité aux connaissances, aux moyens de communication personnalisés et aux réseaux professionnels mondiaux.  Nos cerveaux et nos préoccupations ont peu changé mais nous disposons aujourd’hui d’outils immensément plus puissants pour la recherche, la création et le partage de notre matériel pédagogique. L’informatique, l’internet et les médias sociaux nous permettent d’étendre et d’approfondir les possibilités de l’apprentissage humain et du dialogue pédagogique. Donc tout semble avoir changé dans les moyens et les méthodes, mais fondamentalement rien n’a changé. Les éléments de base et notre travail de transmission culturelle et sociale perdurent. Néanmoins, il faut s’adapter et augmenter nos capacités critiques, de recherche et de discernement pour profiter des nouvelles technologies.

Quelles sont les difficultés des professeurs innovants en Grande Bretagne et comment les surmonter ?

L’éducation en Angleterre se différencie des autres systèmes nationaux du Royaume Uni. Depuis plusieurs années, l’Angleterre poursuit un programme de marchandisation de l’éducation publique qui se caractérise par une forte concurrence entre établissements autonomes. De plus en plus, le système public est remplacé par des réseaux d’établissements semi-privés qui ne répondent plus aux collectivités d’une façon démocratique. En même temps, nous subissons un système d’inspection sévère qui punit les établissements qui ont des résultats au-dessous de la moyenne.

L’innovation pédagogique se vit donc dans ce contexte super-concurrentiel dans un environnement où on préfère ne pas trop expérimenter ou prendre de risques. Le partage entre concurrents est découragé et le rôle de l’enseignant professionnel se définit en fonction du succès de l’établissement vis-à-vis des autres.

Quelle est la place de l’innovation dans la politique éducative Britannique ?

L’innovation existe, mais elle ne suit pas un plan commun d’investissement ou un programme national. Elle est ressentie de façon très différente dans les établissements différents. Le choix d’innover et comment innover sont surtout les décisions de chefs d’établissement quasiment autonomes. On peut donc trouver des pratiques et des philosophies pédagogiques contrastantes dans des établissements voisins.

Quelle est votre représentation de l’innovation ?

Être enseignant c’est être innovant. Il faut constamment se demander comment mieux faire. Nos plus importantes ressources pour rester innovants sont : nos réflexions personnelles sur nos pratiques, notre volonté d’expérimenter, notre ouverture aux idées nouvelles et notre évaluation honnête qui tient compte du dialogue professionnel avec nos collègues et nos étudiants.

La véritable innovation trouve son origine dans cet esprit d’expérimentation et d’auto-critique rigoureuse. Bien entendu, nous devons tenir compte de nouveaux outils qui peuvent nous rendre la vie plus facile. Souvent un nouvel outil peut lui-même suggérer une nouvelle approche. Mais l’adoption d’un nouvel outil n’est pas en soi innovant.

Pour moi, les innovations pédagogiques les plus importantes seront toujours celles qui nous permettent de mieux répondre aux questions fondamentales : comment faire réfléchir, comment stimuler le désir d’apprendre et de s’épanouir ? Comment approfondir et élargir la compréhension et la maitrise ? Que demandons-nous de nos étudiants ? Quelles activités, quelles tâches, quel langage parlé et écrit ? Comment mieux faire pour établir les connaissances et les compétences qui leur permettront de réussir leur apprentissage culturel et citoyen ? On peut être certain que parmi les bonnes réponses il y aura toujours une synthèse du vieux et du neuf.

En conclusion, je pense qu’il faut éviter la ‘neomanie’.  Quand on nous propose de nouvelles méthodes et de nouvelles technologies, donnons-nous le temps de les comprendre et les évaluer et adoptons ce qui a de mieux sans trop être ébloui par leur nouveauté.

Eddie Playfair

www.eddieplayfair.com  

@eddieplayfair

FLORENCE DROCHON-BRIFFE  

1- Qui êtes-vous Florence ?flo radio gatine

Je commencerai par un portrait chinois :

Si j’étais une année historique ? 1968

Si j’étais un explorateur ? Marco Polo

Si j’étais une ancienne civilisation ? La civilisation Khmer

Si j’étais une légende historique ? La légende du roi Arthur

Si j’étais une femme historique ? Jeanne Baret (première femme à avoir fait le tour du monde)

Si j’étais une invention ? La radio

Si j’étais une chanteuse ? Patty Smith

Si j’étais une profession ? Chercheuse

Si j’étais une capitale ? La Havane

Si j’étais un défaut ? Touche à tout

Pour compléter ce portrait : je suis actuellement professeur agrégée d’histoire-géographie en collège. Avant cela, j’ai eu la chance de pouvoir réaliser un parcours assez complet au sein de l’Institution : enseignement en collège, en lycée, dans des unités adaptées (PAQI), en formation initiale et continue, à l’ESEN, détachement en mission, participation à un cluster européen…Mes combats (au-delà de la réussite des élèves) : l’évaluation et le bien-être des élèves dans les établissements scolaires…

2- Quelle innovation pédagogique mettez-vous en place dans vos cours?

Depuis l’an dernier, j’expérimente avec le soutien de la direction, des parents d’élèves, la démarche BYOD « Bring Your Own Device » ou AVAN « apportez vos appareils numériques » en classe de 4ème.

Cette expérimentation concerne deux collèges de Poitiers et plusieurs équipes pédagogiques. Elle a été impulsée par l’IA-DSDEN et dans mon établissement par notre principale adjointe Mme Roux.

Mon hypothèse est celle-ci : Est-il possible et comment détourner l’usage d’un objet de communication (interdit en classe) pour en faire un outil pédagogique au service de l’élève et de ses apprentissages ?

3- Quelles ont été vos difficultés et comment les avez-vous surmontées ?

D’abord une difficulté d’ordre pédagogique : en quoi cet objet peut-il aider les élèves ? Est-ce un gadget, un faire-valoir pour montrer que l’école n’est pas dépassée, en quoi va-t-il susciter l’intérêt des élèves plus qu’un autre outil pédagogique ? Il faut qu’il se mette véritablement au service des apprentissages !

Les autres difficultés étaient d’ordre matériel :

  • Le fait que tous les élèves ne possédaient pas de smartphone : après enquête menée en amont de l’expérimentation, il s’est avéré que plus de 80% des élèves possédaient un smartphone. Mais il restait les 20% …
  • Les connexions sécurisées, les forfaits élèves !!
  • Des fonctionnalités et des usages inconnus du professeur…

Une difficulté d’ordre juridique : le règlement intérieur interdisait l’usage des téléphones en classe !

Et puis convaincre les parents que cet objet pouvait devenir un véritable outil d’apprentissage !

Mais surtout il fallait entrer dans une dynamique de confiance avec les élèves : prendre le risque qu’à certains moments l’utilisation de l’objet soit détournée ou pas.

Comment surmonter ces difficultés ?

Innover, c’est prendre des risques ! J’ai donc décidé de tester les smartphones dans un  nouveau cadre qui était celui d’un EPI intitulé « Femmes d’Histoire, histoires de femmes».

L’histoire de trois femmes servait de fil rouge à cet EPI : Marie Brizard, Jeanne Baret et Olympe de Gouges. L’objectif était de faire comprendre aux élèves que l’histoire ne s’écrit pas qu’au masculin !

A l’aide des smartphones, les élèves devaient élaborer un reportage sur une de ces femmes, la forme étant libre : interview, film… C’était le cadre approprié pour tester mon hypothèse : beaucoup d’élèves disposent d’un outil de communication qui peut être détourné au service des apprentissages en classe.

Les problèmes d’ordre matériel ont été très rapidement pris en compte par la direction. Celle-ci a mis à disposition des tablettes pour les 20% d’élèves n’ayant pas de smartphones. Elle a ensuite  sollicité l’aide des RUPN, du DAN, du département de la Vienne afin de résoudre le problème des connexions (il était bien sûr impensable d’utiliser les forfaits élèves), deux bornes wifi mobiles ont été acquises par le collège. Elles présentent l’avantage d’avoir un accès sécurisé avec traçage (système de portail captif).

Ensuite, le conseil d’administration a voté un additif au règlement intérieur permettant ainsi l’usage du smartphone en classe à la demande de l’enseignant ( e ), une charte informatique a été rédigée.

En attendant que ce matériel soit installé et que l’additif soit voté, j’ai décidé de fonctionner sans connexion afin de pousser les élèves à utiliser toutes les fonctionnalités de leur smartphone.

Quant à la confiance des élèves : il fallait se positionner en tant qu’accompagnateur de la démarche, apprendre avec les élèves, des élèves  pour l’acquérir! Changement de posture pour l’enseignante et les élèves qui deviennent co-constructeurs de leur savoir et de leurs apprentissages !

En ce qui concerne les parents, la direction a décidé d’une réunion d’information réunissant des personnels de direction, des enseignants, des élèves et des parents dès le début de l’année scolaire.

Les parents présents ont accepté l’expérimentation dans la classe de leur enfant, une élève présente s’est rangée du côté des enseignants et a argumenté en faveur du projet de manière très convaincante ! C’était un premier effet inattendu….

En conclusion, c’est l’ensemble des acteurs avec une volonté de se lancer dans l’aventure qui a permis à cette expérimentation de voir le jour, c’est donc sans conteste une affaire d’équipe (et non de hiérarchie !)

4- Quelle est la plus-value de cette innovation pour les élèves ?

Beaucoup de production sont restées modestes, un à deux groupes ont vraiment réussi une très bonne production à voir ici : http://etab.ac-poitiers.fr/coll-henri4/spip.php?article828

La plus-value  de cette première année se mesure d’abord en termes de compétences, celles attendues dans le cadre du projet, notamment celles en lien avec l’usage des outils numériques. Les élèves ont  travaillé les compétences liées à la maitrise de l’oral : certains groupes ont créée des interviews décalées de ces personnages historiques.

Mais le plus intéressant se situe dans les effets inattendus : mise en place de stratégie de coopération, d’apprentissage : certains élèves ont mis en commun leurs modalités d’utilisation de l’objet  et le professeur en a également profité (j’étais donc apprenante aux côtés de mes élèves), autonomie, choix dans les stratégies de présentation avec argumentation.

J’ai organisé une séance de travail réflexif pour la classe sur ce qu’avait apporté cette première expérience et sur la manière dont les élèves pouvaient proposer d’autres utilisations du smartphone. Très vite,  des propositions ont été faites :

  • la prise de notes,
  • le travail de révision : les élèves photographiaient leurs cartes mentales en histoire-géo et pouvaient ainsi les réviser à tout moment, enregistrement des connaissances
  • La création d’un réseau classe pour les élèves absents…

Cependant, il faut faire très attention aux élèves ne disposant de smartphone et veiller à ce qu’ils ne se retrouvent pas sur la « touche » : des binômes se sont naturellement créés et je n’ai pas eu à gérer de situation difficile, la solidarité s’est mise en place assez rapidement entre élèves, les tablettes sont restées dans l’armoire…

Je poursuis cette année cette expérimentation en classes de quatrièmes et sur mes classes de troisièmes afin de voir comment cette expérience peut essaimer par le biais des élèves dans les pratiques d’apprentissage…

5- Quelle est votre représentation de l’innovation ?

Question très difficile, à laquelle certains tentent de répondre depuis longtemps… Aujourd’hui, elle est institutionnalisée à travers le département DRDIE à la DGESCO. C’est la dixième compétence  requise pour un (e ) enseignant ( e). Cependant, il fut un temps où elle était aux marges de la pédagogie, reléguée à des pratiques inquiétantes… Autres temps, autre vision… Aujourd’hui, nécessité ? Il est d’ailleurs intéressant de voir que l’on redécouvre la pédagogie Montessori…

Si on s’intéresse à l’étymologie du mot : du latin in, dans et novare, rendre nouveau, renouveler, refaire, restaurer, transformer, changer. Nous avons déjà là un certain nombre de pistes. L’innovation va donc contre l’immobilisme pédagogique, l’innovation met en mouvement, l’innovation créé au service des élèves. Elle est aussi source de risques…

En ce qui me concerne et après avoir longuement travaillé sur le sujet, la première chose dont je suis certaine, c’est que l’innovation nait d’un besoin, d’une nécessité. Mais que la conscientisation de cela se fait par la pratique régulière de la réflexivité pédagogique. Elle demande de la curiosité, il ne faut rien s’interdire  et « piocher »partout, dans tous les domaines. François Jullien dans son « Traité de l’efficacité » explique comment  dans la Chine antique, l’art de la guerre était celui d’exploiter le potentiel de la situation. Pour qu’il y ait efficacité (ce qui est recherché dans toute innovation), il faut s’appuyer sur ce qui est porteur dans une situation réelle, repérer le potentiel donc nécessité d’un diagnostic tout en admettant que le réel n’a pas de forme idéale théorique. S’adapter au contexte, aux publics, aux besoins, à l’environnement… A ce stade, se pose la question de la transposition d’une innovation… (Je réfute le terme « bonnes pratiques » qui a une connotation liée au jugement) ; Il faut plutôt parler d’irrigation, d’essaimage…

L’innovation en pédagogie ne serait-elle pas tout simplement une adaptation, mais une adaptation qui doit rester au service des élèves.

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DOMINIQUE QUERE 

Délégué Académique au Numérique pour l’académie de Poitiers et facilitateur digital, Dominique Quéré soutient l’Innovation pédagogique et les usages du Numérique à l’école. #EcoleNumérique

1- Qui êtes-vous Dominique?

J’occupe les fonctions de conseiller de la rectrice de l’académie de Poitiers, délégué académique au numérique.
J’ai auparavant été inspecteur de l’Éducation Nationale chargé d’une circonscription du premier degré, mais aussi professeur de lettres et de français langue étrangère. J’ai eu la chance d’enseigner à des élèves de la maternelle au supérieur. J’ai travaillé en France, presque intégralement dans des zones d’éducation prioritaires… un peu à l’étranger aussi.
Je suis père et beau-père de quatre enfants, curieux de pas mal de choses et passionné par ce que les humains peuvent s’apporter, quand ils ont l’intelligence de mettre leur ego de côté, ou au service d’un plus noble idéal.

2- Quelle est l'innovation pédagogique qui vous a le plus marquée dans votre carrière ?

Lorsqu’on débute en éducation prioritaire, on fait face à des élèves qui arrivent avec leur contexte, leur vécu, leurs connaissances plus ou moins assurées, leur mal-être parfois… mais aussi leur besoin de souffler, de vivre, de rêver, de grandir, de se sentir accompagnés. Mais peut-être pas forcément de façon académique. On le lit souvent, l’innovation, c’est la capacité à créer des situations où l’autre peut apprendre. L’innovation pédagogique qui m’a marqué, ça doit être ça – et ce n’est pas une situation innovante – juste une prise de conscience…

3- Quelles sont les difficultés des professeurs innovants en France et comment les surmonter?

Déjà, qu’est-ce qu’innover ? Est-ce « être novateur » ou bien est-ce la capacité de se renouveler, face à un contexte et à des élèves qui changent très vite ?
Quand on innove, on est ainsi souvent seul. Seul dans son école ou son établissement, seul dans une équipe disciplinaire, parfois seul face à sa hiérarchie, aussi…
Heureusement, le numérique et certains réseaux sociaux ont permis à ces enseignants isolés de trouver leurs pairs, de mutualiser, d’échanger, de se nourrir… et de continuer à innover !

4- En quoi le numérique peut-il contribuer à l'innovation pédagogique ?

D’une part, parce qu’aujourd’hui, les ressources numériques à disposition des enseignants sont devenues simples à l’usage ! Autrement dit, il n’est plus nécessaire d’être informaticien pour utiliser de puissantes applications.
Les enseignants ont aujourd’hui à leur disposition un éventail fantastique de possibles : bâtir (faire bâtir) des contenus multimédias, utiliser des algorithmes puissants pour mieux comprendre leurs élèves, interagir avec des personnes se trouvant à l’autre bout du monde, permettre aux élèves de découvrir des réalités éloignées en totale immersion… et cela impacte profondément les espaces dans lesquels nous évoluons, notre rapport au temps, les relations sociales, notre rapport au savoir, à la culture…. le numérique contribue ainsi à l’innovation pédagogique, parce que, tout simplement, il nous invite à nous renouveler avec une vitesse considérable.

5- Quelle est votre représentation de l'innovation ?

Beaucoup d’images… j’ai la chance de côtoyer des enseignants innovants quasiment tous les jours… cela passe par des applications numériques, par l’organisation d’escape games, par des espaces scolaires dont on réinvente la forme et l’organisation, par des emplois du temps qui s’adaptent au rythme personnel des élèves, par des rires, par le plaisir d’apprendre, de bâtir quelque chose, en faisant ensemble.

(suite…)